La décision de Gallup revêt une portée symbolique quand on se souvent que l’"institut" fit beaucoup pour imposer la crédibilité des sondages en annonçant la réélection de Franklin D. Roosevelt en 1936 alors qu’il était donné vaincu par les journaux sur la fois des votes de paille. Du coup la décision invite à s’interroger sur la portée d’une telle décision. Les cotes de popularité ne sont pas des intentions de vote. Pas besoin d’être candidat pour y figurer ais seulement de bénéficier d’une certaine notoriété préalable. Sans qu’on puisse ignorer des coups de pouce discrets. Et contrairement aux intentions de vote, pas de redressement faute de pouvoir les faire. Autant qu’à leur niveau, la valeur des cotes de popularité tient à leur évolution : la cote d’untel monte celle d’un autre descend. A cet égard, l’intérêt est bien réel puisque, comme les mesures préalables des intentions de vote, ils servent aux politiques à se mettre en avant et en ordre de bataille.
Dans ses explications sommaires, Gallup ne cite pas le Président des Etats Unis mais des préoccupations de « priorité de recherche ». On n’est pas obligé d’y croire mais il est vrai que les cotes de popularité n’ont aucun intérêt scientifique. Sauf pour les politiques, elles sont des pièces du spectacle politique. La décision de Gallup annonce-t-elle d’autres replis de l’industrie des sondages ? On sait que les sondages politiques sont une activité mineure dans le chiffres d’affaires des entreprises de sondages (5 à 10%), peu rentables financièrement et cibles des critiques. Mais la politique est le produit d’appel que sans lequel on ne connaitrait le nom d’aucune entreprise. Il en va manifestement autrement pour Gallup.
