observatoire des sondages

Hypothèses impossibles : Le Monde en retard d’une guerre

dimanche 24 octobre 2021

On ne saurait garantir à 100% qu’à la seule évocation de son nom la commission des sondages déclenche l’hilarité des sondeurs, mais on peut affirmer sans risque de se tromper que s’ils la « respectent » c’est essentiellement parce qu’elle les laissent libres de faire ce qu’ils veulent et cède à tous leurs caprices.

La presse n’est pas en reste. Mises à part les dispositions légales relatives à l’interdiction de publication 48 heures avant un scrutin, elle ne respecte pas ou plus depuis longtemps, si ce n’est épisodiquement, la jurisprudence de la commission des sondages. Excepté peut-être Le Monde qui tel le bon élève, bien sage et sans aspérité, se soumet sans rechigner à ses recommandations, de peur d’être pris en faute. Du moins le croit-il ?

C’est presque en s’excusant que le quotidien a annoncé le 22 octobre 2021 (cf. ci-dessous) [1] qu’il continuera à commenter des sondages mais uniquement ceux qu’il commande à Ipsos son partenaire commercial et éditorial. Les autres ?... Moins. Et d’assurer, comme gage de sa détermination à ne pas parasiter le processus électoral par des spéculations en tout genre, qu’il respectera les recommandations de la commission.

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Sauf que les dites recommandations sur ce point ont disparu début octobre.« Faites ce que bon vous semble, vous serez toujours bénis » ont écrit en substance à l’intention des sondeurs la présidente de la commission et son secrétaire général, deux conseillers d’Etat, auteurs du rapport où figure la nouvelle jurisprudence (cf. Hypothèses impossibles : revirement de jurisprudence).

Faut-il en déduire que Le Monde ne le savait pas ? Pour le bon élève, « le premier de la classe », que l’on désigne, moins souvent certes qu’il y a quelques années, comme le quotidien de référence, ça fait un peu tache. Mais il n’est jamais trop tard pour « bien faire ». Y compris pour les bons élèves. On dit même parfois que cela pourrait leur faire du bien : « alors vas-y Le Monde, lâche-toi ! ». La commission des sondages t’a déjà pardonné.


[1En annexe d’un commentaire d’un sondage Ipsos du directeur actuel du Cevipof.

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