observatoire des sondages

A peine le fiasco des élections départementales passé, Odoxa publie des fausses nouvelles sur la primaire à droite et la présidentielle (Odoxa, Le Parisien, I>télé, 24 mai 2015). Le sondeur annonce en plein week-end de Pentecôte qu’Alain Juppé serait le candidat officiel de l’UMP si l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain et qu’il serait élu. A moins que ce ne soit Nicolas Sarkozy.

Il faut croire que les citoyens piaffent d’impatience pour s’intéresser à une compétition qui aura lieu dans deux ans. Il faut croire qu’il ne se passe pas grand chose dans le monde pour noircir des colonnes sur ce sujet virtuel. Les expériences passées devraient pourtant dissuader de se livrer à ce genre d’exercice. Au fait DSK n’était-il pas le favori de la presse et des sondeurs avant 2012 ?

Tout cela n’est-il qu’un jeu, comme on l’entend parfois ?

- Oui puisque les candidats ne le sont pas.

- Oui puisque les participants peuvent gagner de petites sommes (du moins le leur dit-on)

- Oui puisque on se moque des conditions de fiabilité d’une enquête : les effectifs sont très largement insuffisants (entre 30 et 43% des sondés refusent d’indiquer leur vote, effectifs à retrancher donc de celui 911 personnes de l’échantillon ; pour les intentions à la primaire UMP, seuls 10% des sondés affirment qu’ils sont sûrs d’aller voter. Si l’avance d’Alain Juppé sur Nicolas Sarkozy est de 55% contre 45%, ces pourcentages correspondent à 47 personnes pour le premier et 38 pour le second (16 % des sondés refusant d’indiquer leur vote).

- D’ailleurs, les sondeurs avertissent qu’il s’agit de fiction. A moins qu’ils craignent une remontrance de la commission des sondages qui a explicitement demandé que les sondeurs ne se livrent pas à ce genre de manipulation. Le temps qu’elle se réveille...

- Comme l’accoutumée la presse dans sa grande majorité n’y a vu que du feu. C’est l’effet Pentecôte ?

Lire aussi

  • Les sondages, indispensables à la démocratie ?

    2 avril 2026

    Jean-Yves Dormagen, professeur de science politique à l’Université de Montpellier mais aussi président de « l’institut » Cluster 17, a récemment publié une tribune dans les colonnes du Monde pour (...)

  • Une lecture calamiteuse

    10 décembre 2025

    Le sondage Cevipof-Ifop sur l’Islam a connu un nouveau rebondissement. Un article de l’Express donne toute la mesure de cette histoire tant il est caricatural d’une lecture pour le moins (...)

  • Les sondages, LFI et les autres

    26 novembre 2025

    Pendant longtemps, LFI s’était distingué par son hostilité aux sondages. Non sans se prévaloir de critiques scientifiques. Son leader opérait un changement radical dont il se confiait lors d’une (...)