observatoire des sondages

Présidentielle : sondages empoisonnés

dimanche 17 avril 2016

A un an de l’élection présidentielle, et à six mois des primaires, l’intoxication sondagière a largement commencé. Elle va s’amplifier en nombre et en « qualité ».

La surenchère va cependant être difficile face à la publication d’un second tour imaginaire inventé par Odoxa (16 avril 2016) et mis en exergue par l’Express (16 avril 2016) [1]. Imaginaire en effet un second tour que le premier tour exclut puisque l’un des deux finalistes (François Hollande), éliminé, est malgré tout confronté à une candidate qualifiée (Marine Le Pen). L’impossibilité de l’hypothèse est d’ailleurs signalée dans un bandeau. Le nombre élevé de non réponses l’est aussi [2]. Mais qui les verra ? Qui les retiendra ? Il demeure que le pseudos résultat d’une élection qui aura lieu dans plus d’un an, dans un duel impossible, retiendra l’attention : Marine Le Pen gagnerait face à François Hollande (53 % contre 47 %) [3]. Du grain à moudre pour nos prospectivistes électoraux.

Manifestement, les recommandations anciennes de la commission des sondages de ne pas faire ni publier des hypothèses de second tour non conformes aux résultats du premier tour ont été oubliées. Suffit-il d’écrire « Scenario pour le moment non possible au regard de notre intention de vote de 1er tour » ?


[1Une occasion pour le magazine de Christophe Barbier, qui ne fait pas mystère de ses affinités électives, de pousser « son » candidat (Emmanuel Macron). Ministre des Finances que le sondeur donne « au vu de la Macron-mania » (...) et « du carton fait En Marche » comme le remplaçant potentiel de François Hollande si celui continuait à faire défaut...dans les sondages, on suppose.

[2Toutes les hypothèses du sondages sont d’ailleurs caractérisées par des taux importants de refus de d’indication d’intention de vote entre, 27 et 45%.

[3Un duel que remporterait lui, Emmanuel Macron, 61% contre 39%. Une victoire imaginaire qui n’a pas échappé à l’Express.

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