observatoire des sondages

Ridicule incertitude

mardi 18 avril 2017

Pour un scientifique l’incertitude serait plutôt associée à la modestie. Après des mois de pourcentages d’intentions de vote pour l’élection présidentielle de 2017, l’omniprésence des sondeurs bavards sur les plateaux, dans les colonnes et les logorrhées des commentateurs, on n’est pas sûr qu’il faille interpréter comme une manifestation d’un scepticisme très sain les doutes exprimés par les sondeurs sur les incertitudes des sondages sur le résultat du premier tour de l’élection présidentielle [1].

Comme, les sondeurs ne cessent de le répéter quand cela les arrange, les sondages ne sont pas des prédictions. Alors pourquoi s’excuser par avance ? Ils ont en tout cas beaucoup d’espace médiatique pour expliquer qu’ils ne savent pas. Une fois de plus le ridicule ne tue pas. Il y a cependant une autre raison à ce déluge de prudence. Il faut anticiper : quels que soient les résultats ils auront eu raison. Et ils pourront donc repartir pour une prochaine manche, envahir les petits écrans et les colonnes.


[1Cf. « Présidentielle 2017 : la campagne de toutes les surprises » in Le Monde, 18 avril 2017.

Lire aussi

  • L’avis d’un beauf

    27 octobre 2022

    Cyril Hanouna se distingue par une exceptionnelle vulgarité sur des chaines de télévision qui n’en manquent pas. A l’occasion d’un meurtre sordide d’une petite fille, exploitée politiquement par (...)

  • Petite leçon de méthode d’un sondeur russe

    25 octobre 2022

    Si les sondeurs, français notamment, racontent beaucoup d’histoires drôles, scientifiquement parlant s’entend, pas sûr qu’ils apprécient comme il se doit la blague du Monde, bien involontaire il est (...)

  • Sondage à la sauce hongroise

    16 octobre 2022

    Les sondages, on le sait, ne sont pas l’apanage des démocraties. N’en déplaisent aux sondeurs qui tels des arracheurs de dents affirment le contraire depuis des lustres. Enquêtes publiques de masse, (...)