observatoire des sondages

Sondages « bidons » pour les élections municipales

mercredi 18 février 2026

Les sondages pour les élections municipales se suivent à un rythme soutenu. Certains retiennent plus volontiers l’attention car ils interviennent dans des compétitions tendues. Le duel entre Christian Estrosin, maire sortant de Nice et candidat Horizon, et Eric Ciotti son ancien ami candidat Union des droites pour la République, augure une campagne propice aux coups bas et ficelles tactiques.

Le 17 février 2026, la publication d’un sondage Cluster 17 pour Politico donnait une avance large à Eric Ciotti crédité de 41 % des intentions de vote contre 31% pour Christian Estrosi. Les sondage s’avère providentiel pour le premier tandis que le second a dénoncé la « manipulation » et annoncé un recours à la commission des sondages.

Le plaignant a raison sur le premier point réserve faite sur le terme de « manipulation ». Selon la notice technologique déposée par le sondeur auprès de la commission des sondages, le sondage a été effectué sur un échantillon de 580 répondants sur 684 personnes inscrites sur les listes électorales et sur un échantillon représentatif de la population niçoise. L’échantillon dit « utile » est notoirement insuffisant. Ce n’est certes pas un défaut isolé car sur les élections municipales les sondeurs ne trouvent pas assez de personnes pour répondre à leur questions sauf dans de grandes villes comme Paris. Le même "institut" faisait un sondage sur Strasbourg avec 580 répondants, un autre sur Clichy avec 415 répondants, un autre sur Amiens avec 408 répondants. Ce sondeur n’est pas seul en cause comme il suffit de s’en convaincre avec le sondage Ifop sur Nimes sur 607 personnes inscrites sur les listes électorales.

On ne développera pas l’analyse des biais de ces échantillons manifestement pas représentatifs comme cela apparaît immédiatement : par exemple comment vérifier certaines réponses, comme l’inscription sur les listes électorales ou encore comment ne pas voir que la proportion minime de non réponses est bien éloignée dues taux habituels d’abstention ? Les échantillons en ligne basés sur le volontariat retiennent donc ceux qui savent qu’ils vont voter ou du moins le disent. Pour un statisticien, c’est une tâche un peu honteuse d’avoir à critiquer des sondages aussi bancals.

L’équipe de Christian Estrosi a donc raison sur le fonds mais pourrait étendre sa contestation à l’ensemble des sondages sur les élections municipales. Par contre, on ne lui accorde guère de chances d’être entendue par une commission des sondages qui a enregistré tous les sondages des municipales sans ciller. Comme d’habitude.

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