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Audition parlementaire : contrition et contradictions... OpinionGate (8)

mardi 20 octobre 2009

La commission des finances de l’Assemblée nationale a reçu le directeur de cabinet de l’Elysée le 13 octobre 2009. L’événement était inédit comme l’avait été le contrôle du budget de l’Elysée par la Cour des comptes. Un nouvel événement de transparence, se félicitaient les participants. A entendre cependant Christian Frémont, on pourrait croire qu’il n’y avait jamais eu de rapport de la Cour des comptes mettant en cause le cas particulier des études financées par l’Elysée en toute opacité. La réforme avait été engagée sans elle, dès le mois de mars 2009, quelques mois avant la publication fatale. Et donc au moment où était effectué le contrôle. Coïncidence. Dorénavant, les sondages seraient conclus sur appel d’offres pour les sondages. L’appel avait justement été publié la veille au Bulletin officiel des annonces des marchés publics. Coïncidence.

L’audition commença donc par un manifeste des bonnes intentions sur les dépenses de sondages accusées depuis l’été d’être excessives et suspectes. Des économies étaient annoncées aux parlementaires avec un poste en forte diminution : « 3 280 000 euros en 2008, 1 631 000 euros en 2009 et 1 424 000 en 2010 ». La remise en ordre mêlait économies financières et réorganisation avec une diminution des contrats de 21 % pour le cabinet de conseil de Pierre Giacometti, le cantonnement de Patrick Buisson à une mission de conseil et la création d’une direction de la stratégie chargée des sondages.

La diminution des dépenses est un aveu : cela faisait beaucoup et même trop. Dorénavant, l’Elysée ne financerait des sondages que sur l’image du Président et l’appréciation de ses initiatives. Qu’en était-il avant ? On devrait le savoir puisque le directeur de cabinet a accepté de fournir la liste des sondages non cités par le rapport de la Cour des comptes : « Il n’y a aucun secret dans tout cela ».

L’audition du directeur de cabinet de l’Elysée a ainsi mêlé la contrition et l’embarras. De la première, on retiendra un aveu général : « Conscient du manque de transparence du système, j’ai souhaité qu’il y soit mis fin, si bien que cela appartient désormais au passé ». L’invitation implicite à oublier ne permet pourtant pas d’éviter les explications. Et sur ce chapitre, l’embarras a prévalu.

L’OpinionGate s’est focalisé sur le système de financement par l’Elysée de sondages Opinion Way via la société Publifact de Patrick Buisson et leur diffusion par Le Figaro et LCI. Le directeur de cabinet du Président a dû évoquer les points successifs de contestation : l’absence d’appel d’offres, l’apparent double achat des sondages par la presse et l’Elysée, le rôle et la rémunération de Publifact et enfin, le recours à l’institut OpinionWay.

L’affaire avait soulevé quelques dissonances dans la défense. Les accords ne semblent pas encore trouvés si l’on en juge par ce démenti apporté à une déclaration de Patrick Buisson qui avait assuré l’inverse (L’Express, 15 septembre 2009) : « Il va de soi que ce contrat est soumis au code des marchés publics ». Mais, le rapport de la Cour des comptes s’étonnait surtout du fait que l’Elysée paie des sondages publiés dans la presse et, selon les normes en vigueur, payés par elle. Christian Frémont précisait une réponse déjà énoncée : « Ce qui intéresse la Présidence, c’est ce qui entoure les réponses et que les journaux ne publient pas : le verbatim, mais aussi le tri des réponses selon des critères très fins (âge, lieu de résidence, catégorie sociale, etc.) ».

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