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Les ennuis judiciaires de Nicolas Sarkozy

samedi 5 juillet 2014

Nicolas Sarkozy a des ennuis judiciaires. Tout démocrate s’en réjouit. Principe d’égalité devant la loi. Et il n’est pas ignominieux d’être mis en examen comme l’auteur de ces lignes peut en témoigner puisqu’il est lui même mis en examen pour bien moins, avoir évoqué le financement de sondages par un entrepreneur connu pour ses affinités idéologiques avec l’extrême-droite [1]. Motif dont on appréciera la gravité lorsqu’on sait qu’il s’agissait notamment de critiquer le sondage de la campagne présidentielle annonçant le "croisement des courbes" [2]. Nicolas Sarkozy a assuré qu’il n’avait commis aucune infraction. On apprécie le déni. Sur le seul domaine de l’Observatoire des Sondages, il ne serait donc pas concerné par les sondages de l’Elysée et par ses dépenses de campagne. On rit.

Il est significatif que la mise en examen de Nicolas Sarkozy ait été suivie d’un sondage selon lequel 63 % des sondés estiment légitimes les poursuites judiciaires. En progression de 15 points par rapport au précédent sondage sur le même sujet (BVA-Le Parisien, 16 mars 2014) [3]. On ne discutera pas ce résultat dont on devine que chacun prend ce qui lui convient. Il n’est cependant pas innocent d’instituer une sorte de jugement populaire sur les décisions de justice. Sans doute les apprentis sorciers sondeurs et journalistes plaident-ils qu’il s’agit d’un indicateur qui permet d’estimer les chances de Nicolas Sarkozy dans sa reconquête de l’UMP avant celle du pouvoir - si l’opinion ne suit pas, il ne pourrait obtenir la présidence de l’UMP. A coup sûr, les scores de sondages importent dans les stratégies partisanes. Mais les apprentis sorciers se rendent-ils alors bien compte que la reconquête du pouvoir par Nicolas Sarkozy vise d’abord à le mettre à l’abri de la justice. Fuite en avant déjà mis en œuvre par Louis Bonaparte dont le coup d’État fut moqué dans les salons parisiens comme un nouveau "vol de l’aigle" et plus récemment par Silvio Berlusconi en Italie. Evidemment, tout à leur spectacle, les apprentis sorciers ne savent pas ce qu’ils font.

Alain Garrigou
Chaque poste dans l’armée et dans la machine gouvernementale devient un moyen d’achat. Mais le plus important dans cette affaire, où l’on prend à la France pour lui donner ensuite ce qu’on lui a volé, ce sont les pourcentages qui, pendant le trafic, tombent dans les poches du chef et des membres de la société du Dix-Décembre. Le mot d’esprit par lequel la comtesse L., la maîtresse de M. Morny, caractérisa la confiscation des biens de la maison d’Orléans : « C’est le premier vol de l’aigle », s’applique à tous les vols de cet aigle, qui est d’ailleurs plus un corbeau qu’un aigle. (Karl Marx, Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, Paris, éditions sociales, 1969, p. 116)

[348% des sondés considéraient que l’ancien président était traité comme un justiciable comme un autre.

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