observatoire des sondages

Propagande et désarroi présidentiel : l’Ifop, Carla Bruni et Nicolas Sarkozy

lundi 24 janvier 2011

Faut-il que les spin doctors élyséens soient à ce point désemparés par l’impopularité chronique du président de la République pour qu’ils lui substituent son épouse ? En matière de sondage, rien de plus facile. Les agents de cette propagande sont maintenant bien connus : un sondeur attitré, l’Ifop (après le discrédit d’OpinionWay suite à l’OpinionGate), un organe de presse complaisant, en quête de notoriété et de lecteurs, en l’occurrence France soir et enfin des sondés disposés à répondre et à se prêter, involontairement pour une partie d’entre eux, à ce « petit jeu ». Comment a-t-on administré ce sondage ? On devine qu’il s’agit de questions tirées d’un sondage omnibus, posées à des sondés qui ne répondent que pour se débarrasser de l’interviewer. Un indice, 1% d’entre eux seulement, et sur uniquement deux questions de "l’enquête", ne se prononcent pas, le reste des questions idiotes récoltant 100% de réponses. Résultats : « deux tiers des Français se déclarent satisfaits à l’égard de Carla Bruni » selon le journal et le sondeur (France soir, 24 janvier 2011), alors que 70% des « Français » sont mécontents de Nicolas Sarkozy, toujours selon l’Ifop mais dans le JDD (21 janvier 2011). Oubliés, ou plutôt corrigés, les 52% de « Français » agacés par l’ex-mannequin, devenue chanteuse (cf. un sondage d’incitation à la haine), qui en tant qu’épouse du président français représente bien la France à l’étranger pour 68% des sondés. Pour Nicolas Sarkozy dont la reconduction à la tête de l’Etat en 2012 est largement compromise, une information rassurante. Grâce au niveau zéro du sondage, de l’information et de la politique.

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