L’auteur ne donne pas plus de précisions sur cet épisode passé inaperçu sur lequel s’ouvre son livre. L’annonce était bien placée dans une institution universitaire aux liens étroits avec les sondeurs. Passons sur l’inélégance à l’égard des « disciples de Bourdieu ». Ce qu’en a retenu Jean-Luc Mélenchon dans ces quelques lignes en dit long sur l’incurie des politiques en la matière. Il est vrai que pour eux un sondage ne vaut que par son utilité tactique. Est-il jugé favorable et le candidat s’en prévaut ; est-il défavorable et le même conspue le sondage voire les sondages en général.
LFI échappe-t-il à cette loi d’airain de l’interprétation à l’approche des élections municipales et présidentielles. Déjà, les militants sont abreuvés d’informations encourageantes censées venir des sondés et aussi bien des sondeurs. C’est ce qu’on appelle de « bons sondages ». Un sondage négatif est-il publié et la réaction est attendue. Devant un sondage Odoxa-Public Sénat qui donnait Jordan Bardella gagnant au deuxième tour de l’élection présidentielle quelle que soit son opposant, Jean-Luc Mélenchon fut le premier à réagir comme pour limiter une contagion médiatique. Une « fumisterie » fulmina-t-il en invoquant le bon sens [2] Assurément, les intentions de vote à un an et demi d’une échéance électorale ne valent pas grand-chose sinon pour partager les candidats pressentis engagés dans les opérations de sélection. Est-ce trop demander aux politiques de ne pas ajouter à l’absurdité par des commentaires stériles et des retournements seulement opportunistes ?
