observatoire des sondages

Recette de la popularité

mercredi 20 janvier 2010

On l’avait remarqué tant le phénomène était cocasse : plus une personnalité politique est discrète, plus elle est populaire. Selon ces cotes qui prolifèrent dans la presse, Jacques Chirac n’a jamais été plus populaire qu’à partir de sa retraite. Et cela dure comme le confirme le sondage Ifop-Paris Match (19 janvier 2010). Confronté à son ascension dans les sondages depuis qu’il dirige le FMI, Dominique Strauss Kahn se moquait de cette faveur : « C’est peut-être parce que je suis loin que les Français m’aiment bien » (Canal +, 25 novembre 2009). Elle vient d’être confirmée par le baromètre Ipsos-Le Point (18 janvier 2010). Martine Aubry, dont quelques observateurs s’inquiétaient de la discrétion à la tête du PS, serait devenue le principal adversaire de Nicolas Sarkozy (Politoscope, OpinionWay/Le Figaro-LCI, 14 janvier 2010). Au point de commencer à prendre abondamment la parole. Peut-être une erreur. Par quelle magie, les cotes de popularité couronnent-elles ces personnalités ? Si leur point commun est d’être discrètes, voire de se taire, il convient d’en tirer les conséquences.

A contrario, on apprenait que la communication de Nicolas Sarkozy, dont on sait que la popularité traîne en fin de classement, gagnerait au silence du président. Ses conseillers en communication essaient de le convaincre de se taire sur la foi de focus groups, ces enquêtes qualitatives qui complètent les sondages. Du moins est-ce ce qu’affirme le Canard Enchaîné. « Quand on lui recommande une cure de silence pour mieux rebondir, Sarkozy nous engueule et répond qu’il n’a pas été élu pour cela » (Le Canard Enchaîné, 6 janvier 2010). Là encore, la confirmation est au rendez-vous : il occupe la 32e place en baisse de 3 points, selon le sondage Ifop déjà cité. Comment les cotes de popularité produisent-elles cette alchimie paradoxale ? Il n’est pas dans les missions de l’Observatoire des sondages de divulguer les mécanismes et donc des recettes. En politique, il est simplement plus difficile de se taire que de faire taire.

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