observatoire des sondages

« Les sondages de l’Elysée » version autrichienne

mardi 12 octobre 2021

Il n’y a pas qu’en France, on peut s’en douter, que les sondages sont utilisés comme « arme politique ». En Autriche aussi. Un usage qui n’a pas échappé non plus au parquet anti-corruption du pays. Précisons qu’en l’espèce le principal suspect n’est autre que Sebastian Kurtz, le chancelier autrichien en personne. Ex-chancelier pour être exact.

Accusé "d’avoir, entre 2016 et 2018, utilisé « des ressources du ministère » des finances pour « financer des sondages d’opinion partiellement manipulés qui servaient un intérêt politique exclusivement partisan " [1], il a finalement fini par démissionner, accédant aux demandes des formations de l’opposition autrichienne.

Le procès "des sondages l’Elysée" comme on l’appelle communément doit s’ouvrir le 18 octobre 2021 devant la 32e chambre correctionnelle. L’ancien secrétaire général de la présidence de la République, Claude Guéant, l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, son ex-directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon et le sondeur Pierre Giacometti figurent parmi les principaux accusés. Couvert par l’immunité présidentielle (au moment des faits) l’ancien président de la République a lui échappé au procès. Il trouve son origine, douze ans auparavant, dans un rapport de la Cour des Comptes (2009), relevant des "irrégularités" dans les commandes de sondages faites par l’Elysée (voir notre rubrique-dossier opiniongate).


[1Cf. Le Monde et l’AFP, 9 octobre 2021.

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