observatoire des sondages

Qui fait le lien entre le grand nombre des sondages et l’actualité sociale ? D’un côté, les sondages se sont multipliés depuis plusieurs décennies ; de l’autre les mouvements sociaux sont plus fréquents et prennent manifestement par surprise nos gouvernants. Comment n’ont-ils pas vu venir les protestations sociales depuis les gilets jaunes en 2019 jusqu’aux agriculteurs aujourd’hui ? Comment ont-ils paré au plus pressé en faisant des concessions pressées comme s’ils n’y avaient pas pensé avant ? On n’en finirait pas de relever les signes d’une impréparation à l’art de gouverner. Pourtant ils ont commandé et payé quantité de sondages. A quoi bon ?

Comment un questionnement naïf aussi criant ne vient-il pas à l’esprit des politiques ? Les sondages seraient nécessaires à la démocratie comme le répètent obstinément et faussement les sondeurs depuis longtemps. A ce compte, la démocratie n’existerait que depuis 1936 aux États-Unis et 1965 en France.

A ce compte les dictatures où, contrairement à ce qu’ils affirment, il y a bien des sondages, ne seraient pas des dictatures. A l’heure de l’invasion russe en Ukraine, le régime poutinien serait démocratique. En tout cas, comment ne pas douter que l’opinion s’exprime bien dans les questionnaires en ligne administrés quotidiennement par les sondeurs ? Peut-être les agriculteurs n’ont-ils pas le temps de répondre. Peut-être est-il difficile de toucher certaines catégories de population. Peut-être les sondés ne sont-ils pas toujours sincères. Peut-être ne pensent-ils pas la même chose devant un écran de smartphone ou d’ordinateur et devant les relevés de banque. Peu importe. Il faut bien parler d’une addiction pour comprendre comment les dirigeants d’un pays continuent à gouverner à l’obscurité des sondages.

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