observatoire des sondages

Sauver le soldat Wauquiez

jeudi 22 février 2018

Il fallait s’y attendre. Après “avoir fait le malin” lors d’une conférence donnée à l’EM Lyon le 15 février, suscitant consternations et indignations, le président de LR a été contraint d’organiser son sauvetage.

En envoyant piteusement ses lieutenants et lieutenantes s’attaquer à la presse qui a diffusé ses propos [1], ou en assurant sa défense, pour le moins contradictoire, revendiquant sa liberté de parole tout en menaçant de poursuite judiciaire ceux qui ont permis qu’on l’entende (BFM TV, 21 février 2018) [2].

Il ne manquait plus qu’un sondage au dispositif. C’est le sondeur Elabe qui s’en est chargé. Si la notice détaillée indique BFM-TV comme commanditaire officiel unique, le doute sur l’identité ou l’existence d’autres commanditaires, réels, est permis. D’une part parce que la presse en règle générale ne paie pas les sondages qu’elle publie, d’autre part parce les questions du sondage sont clairement pipées pour orienter les réponses. Dernier point, et on ne le rappellera jamais assez il s’agit d’un sondage par internet : les sondés sont donc payés.

A jouer sur l’ambivalence des mots proposés aux sondés pour juger les propos de Laurent Wauquiez ou le définir, le sondage favorise leur détournement permettant ainsi de réunir dans un même ensemble des avis opposés même radicalement.

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57% des sondés se disent "choqués" par ses propos. On a connu sondeur moins précautionneux et plus binaire, autrement dit plus explicite dans les jugements proposés. Exit donc l’incontournable d’accord/pas d’accord - approuve/désapprouve, etc. S’agissait-il de "ménager" le Président de LR ? Le doute n’est plus permis à la lecture de l’intitulé de la question 3 du sondage.

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Approuver sa décision d’assumer ses déclarations ne signifie en aucune façon qu’on les approuve. C’était sans doute amplement suffisant pour le sondeur et "déjà ça de pris". Il n’essaiera pas d’en "savoir plus". En parsemant la liste des qualités supposées de Laurent Wauquiez de termes à l’acception positive ou négative selon les sensibilités ou les opinions de chacun (autoritaire, courageux, dynamique, etc.), le tour était joué, le soldat "était sauf" du moins était-ce l’objectif poursuivi.

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Des résultats d’ensemble qui ne devraient donc pas déplaire à l’orateur de l’EM Lyon, le constat de la chaine non plus.

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[1Cf. par exemple Laurence Sailliet (porte-parole), « Ces procédés sont absolument indécents », Libération 21 février 2018. Eric Ciotti (président de la commission d’investiture de LR) « Laurent Wauquiez gêne le président Macron, il est devenu une cible. Les méthodes utilisées sont lamentables. Dans une démocratie, c’est une dérive extrêmement grave », Ibid. Du même « On a tendu un piège à cons à Laurent Wauquiez, et il est tombé dedans, Europe 1 », 21 février 2018. Valérie Boyer (secrétaire générale adjointe) : « Jamais Laurent Wauquiez n’a tenu de propos blessants contre les Français » Valeurs actuelles, 22 février 2018.

[2"J’ai fait le choix d’une parole libre et je ne renoncerai pas", assure Laurent Wauquiez pic.twitter.com/1zbf6qNl69.

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