observatoire des sondages

Deux fantômes sur un plateau

mercredi 9 octobre 2013

Les médias annoncent le retour du premier (fantôme) depuis sa défaite à la présidentielle de 2012, le second, personne ne l’a jamais rencontré même s’il hante [1] les rédactions perpétuellement. Illustration (« Sarkozy libéré, Fillon se libère », C dans l’air, France 5, 7 octobre 2013) :

A propos du non lieu prononcé dans « l’affaire Bettencourt » et des « affaires » en général

- Bernard Sananès (CSA) : « Si l’on se place du côté de l’opinion il n’a pas eu [le dossier judiciaire Bettencourt] pendant les 6 derniers mois d’impact sur la cote de popularité de Nicolas Sarkozy, cette cote de popularité, l’image que les Français ont de Nicolas Sarkozy, elle reste légèrement supérieure à 40%... Comme si les Français doutaient, comme s’ils s attendaient à voir comment cela allait se terminer ».

[...]

- Bernard Sananès : « Il y a plus d’un Français sur deux aujourd’hui qui vous disent que la plupart des hommes politiques sont corrompus... tout ça laisse une trace dans l’opinion ».

[...]

- Bernard Sananès : « Pour l’impact sur l’opinion. Il y a deux des affaires que vous citez, l’affaire Bettencourt et l’affaire Tapie qui peuvent en tout cas, ont pu créer ou renforcer l’idée d’un Nicolas Sarkozy président des riches... C’est deux affaires là, ont pu renforcer dans l’opinion ce sentiment ».

[...]

- Caroline Roux (C dans l’air) : « Ça marche toujours bien la victimisation Bernard Sananès dans l’opinion ? » [2]

- Bernard Sananès : « Oui ».

A propos des déclarations récentes de François Fillon (sur le FN ou Nicolas Sarkozy)

- Caroline Roux (C dans l’air) : « Juste un point sur les sondages. Comment est-ce qu’il est perçu dans l’opinion François Fillon ? Est-ce que ce changement de pieds est identifié par les Français ? ».

- Bernard Sananès : « Pour l’instant dans la première mesure que nous avons faite après sa déclaration sur le Front National François Fillon perd sur tous les tableaux ».

[...]

- Bernard Sananès : « François Fillon était perçu pour une forme de densité, de cohérence, d’ailleurs c’est intéressant de voir qu’au même moment François Bayrou fait lui aussi un petit zigzag, lui aussi est sanctionné dans l’opinion. Les Français reconnaissent dans ces personnalités un peu de cohérence donc tout d’un coup quand il y a un zigzag, ça surprend. Ça ne veut pas dire que ça n’évoluera pas, faut être prudent (...) François Fillon arrivera peut-être a installé une opinion différente ».

[...]

- Bernard Sananès : « Fillon a des atouts. Même s’il a été perçu comme un numéro 2, ce qui est plutôt critiqué c’est ce qui n’a pas été fait, dans l’opinion les principales réformes prises par Nicolas Sarkozy sont jugées majoritairement favorablement ».

A propos de l’impopularité des politiques, des scores du FN, de la crise, etc.

- Bernard Sananès : « Ce qui se joue : c’est qui aura le leadership de l’opposition, non pas de la droite. Ce problème il est aussi posé à l’UMP. Un sondage récent d’un de nos confrères disait que la meilleure opposante c’était Marine Le Pen ».

[...]

- Caroline Roux (C dans l’air) : « Pourquoi les politiques et les médias de tout poil ne comprennent-ils rien à l’opinion des Français ? » (Question SMS sélectionnée). « Les Français se désespèrent face à ses politiques qui ne semblent pas comprendre ni entendre ne soyons pas étonnés » (Commentaire SMS repris à l’antenne).

- Bernard Sananès : « Je vais aller dans votre sens avec un seul chiffre. 2/3 des Français considèrent quand on leur pose la question que ce sont les dirigeants politiques qui sont les principaux responsables des difficultés rencontrées en France ».

S’il convenait de trouver quelque raison de ne pas désespérer à propos de la presse en crise c’est qu’elle ne souffre pas de phasmophobie [3].


[1L’opinion, « Les Français »... etc.

[2A propos d’une question d’un téléspectateur sélectionnée et posée en fin d’émission : « Sarkozy ne va-t-il pas apparaître finalement comme une victime dans toutes ces affaires ? ».

[3Peur des fantômes.

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