observatoire des sondages

Infidélité conjugale : quand les sondages consolident les stéréotypes

lundi 17 mars 2014

S’il en est de plus dangereux, les stéréotypes sur la sexualité font aussi la pitance des sondages. Comme les stéréotypes racistes ou nationaux, ils les entretiennent. Un sondage sur l’infidélité décerne à l’Italie et à la France les titres de « championnes d’Europe » (Cf. sondage en ligne IFOP-Gleeden [1], cf. Ouest-France, 27 février 2014). 55% de sondés français (32% de sondées françaises) déclarent leur infidélité conjugale (comme les sondés italiens), contre 46% des sondés allemands et 42% des sondés britanniques).

Si comme l’affirme le sondeur « le cliché du mâle latin plus volage que sa femme est tenace mais bien réel », est-ce encore un cliché ? La preuve : « Hollande et Berlusconi, connus maintenant sur ce plan-là au niveau international, représentent finalement plutôt bien leurs nations respectives » [2]. En somme, la représentativité politique rejoint la représentativité statistique. Quant aux Allemandes et aux Britanniques, la « culture protestante », contrairement à la « culture latine et catholique », les protègerait mieux de l’infidélité de leur compagnon (Ifop-focus, mars 201, n° 105). S’il s’agit de cultures...

Inutile de dire que les réponses seraient très différentes si le sondage était effectué non en ligne mais par téléphone et a fortiori en face-à-face.


[1Un commanditaire « très intéressé » : site internet de rencontres.

[2Ouest-France, op. cit.

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