observatoire des sondages

Le parrain

mercredi 8 février 2012

On n’avait pas épuisé l’inventaire des effets politiques des sondages. Ils servent aujourd’hui à faire pression sur les élus habilités à parrainer les candidatures. Depuis l’adoption d’une loi organique en date du 18 juin 1976, il faut disposer on le sait de 500 signatures, au lieu des 100 exigées jusqu’alors [1], pour être candidat à l’élection présidentielle. Le camp du président sortant est si mal en point qu’il vient de trouver une nouvelle ficelle pour tenter un « sauvetage » en montrant le danger que ferait peser une candidature du Front national sur sa réélection, et implicitement sur la droite. D’où la publication de push polls pour dissuader d’éventuels parrains [2]. La publicité des parrainages constitue une condition supplémentaire. On comprend mieux l’intervention d’un candidat non candidat, Nicolas Sarkozy, qui a manifesté son opposition à l’anonymat des parrainages, contraire selon lui à l’esprit des institutions (AFP, 7 février 2012).


[1Chiffre fixé en 1962 lors de l’instauration du suffrage universel pour l’élection présidentielle.

Lire aussi

  • « Liberté de la presse » : quand les sondages décident de la liste des invités

    4 avril 2019

    Le désintérêt croissant depuis la première élection en 1979 pour le scrutin européen n’a pas dissuadé la radio-télévision publique française avant le début de la campagne officielle, fixée au 13 mai 2019, (...)

  • Les sondeurs et la post-vérité

    4 avril 2019

    L’activité de sondeurs est-elle une activité de menteurs ? C’est la question que l’on peut se poser suite à la brève interview diffusée le 2 avril 2019 dans l’émission « Quotidien » animée par Yann Barthès (...)

  • Qu’est-ce que le « Prix du livre politique » ?

    30 mars 2019

    Créé en 1991 par l’association « Lire la société » [1] et fort du soutien de l’Assemblée Nationale le « Prix du livre politique » 2019 a été adjugé comme il y a deux ans à un sondeur : Jérôme Fourquet [2]. En (...)