observatoire des sondages

Présidentielle 2012 : les jeux de l’Ifop

jeudi 28 avril 2011

A en croire les sondeurs, ils approuveraient la disposition de la proposition de loi interdisant la publication d’intentions de vote de deuxième tour reposant sur des hypothèses incompatibles avec des résultats d’intention de vote de premier tour. Certains ont pu s’étonner que le législateur entende intervenir sur cet aspect des sondages tant l’incongruité semblait évidente.

Depuis le vote du texte sénatorial à l’unanimité, le 14 février 2011, aucun sondage n’était venu contredire une disposition transformée en autodiscipline. Brièvement. L’Ifop vient de reprendre le jeu (Europe1-Paris-Match, 26 avril 2011). Parmi les incongruités de ce sondage sur la présidentielle de 2012, on note l’absence d’abstention et de NSP (ne se prononcent pas, alors que les sondages d’intentions de vote en font état, à ne pas confondre avec des abstentionnistes), l’absence des marges d’erreur ou des redressements. L’attention se porte fatalement sur les hypothèses du second tour. Tant pis pour Ségolène Royal, éliminée du premier tour (avec 16%, devancée par la dirigeante du FN (20%) et le président de la République sortant (21%), selon ce sondage évidemment), cela ne l’empêcherait pas de gagner au second face à Nicolas Sarkozy, 51% contre 49%. A ce niveau d’absurdité, l’Ifop se moque-t-il de ses propres résultats ? Ce ne serait qu’un jeu.

Un exercice est parfois sain : se reporter à ses principes.

« Aujourd’hui le sondage fait partie des moyens d’expression de l’opinion publique, et en ce sens c’est un des garants de la démocratie. C’est un des vecteurs privilégiés pour connaître et faire connaître l’opinion des citoyens. Le sondage repose sur des règles méthodologiques rigoureuses, tant dans leur conception que dans leur interprétation. C’est pour quoi la plate-forme d’échange que nous avons créée est animée par quatre grands principes : La transparence, un engagement de l’Ifop depuis toujours. L’objectivité, cruciale en cette période de forte pression. Le partage, avec la diffusion de tous nos sondages qui accompagneront l’actualité de la présidentielle 2012. L’ouverture, car nous donnerons à la fois la parole à des experts de l’Ifop et à des experts externes pour commenter l’évolution de l’opinion ». (Stéphane Truchi, président du directoire du groupe Ifop, Ifop, avril 2011).

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