observatoire des sondages

Les esprits s’échauffent

mercredi 12 avril 2017

A l’approche du premier tour de scrutin les supputations sondagières prennent une tournure délirante.

Les scores d’intention de vote qu’attribuent depuis quelques semaines les sondeurs à Jean-luc Mélenchon (entre 18 et 19%) font perdre la raison à une partie, pour l’instant, de la presse. Manifestement très impressionnée par le regain de popularité du leader de « la France insoumise » en tête du classement des personnalités politiques de tout bord, concocté par l’Ifop et Fiducial [1], la rédaction de BFM-TV affirme qu’il pourrait, de fait, être le prochain président de la République.

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Un pronostic qui ravira ses partisans, y compris peut-être, ceux qui n’appréciaient guère jusqu’à présent la chaine d’info en continu. Peu importe on l’aura compris le fait que la popularité n’est en rien une intention de vote déjà sujette à caution. Aux oubliettes également le refrain, purement cosmétique, « les sondages ne sont pas une prédiction » [2], le principal c’est l’ivresse. On connait déjà la réponse des sondeurs : « ce n’est pas nous c’est la presse ». Vous avez dit hypocrite ?


[1Paris-Match, Sud radio 12 avril 2017.

[2Cf. par exemple « Les intentions de vote ne constituent pas une prévision du résultat du scrutin » in « Présidentielle : Macron et Le Pen au coude à coude, Hamon décroche » : BFM-TV 19 mars 2017.

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