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Maladresse ? Quand le nazisme n’est qu’une opinion

vendredi 22 juillet 2016

Un exercice pour professeur d’histoire est retiré parce qu’il proposait l’exercice symétrique propagande soviétique - propagande nazie (dépêche AFP ci-dessous). Scandale. Le rectorat se justifie : maladresse.

Explication bien faible car que nous apprend la possibilité - même corrigée - de penser ce genre d’exercice. Il nous apprend sur notre société et non point sur le nazisme ou le soviétisme. Notre société ? Un monde où tout peut être mis au rang d’une opinion. Goebbels compris. Une société où au lieu d’analyser les textes - activité peu lucrative - on pense à faire écrire les textes par de futurs plumitifs d’hommes politiques, un métier auquel il faut s’entraîner. Pourquoi pas en montrant sa virtuosité. Plus vrai que Goebbels, un beau défi.

Tout sauf maladroit.

- AFP, publié le vendredi 22 juillet 2016 à 14h09

Le rectorat de l’académie de Bordeaux a supprimé jeudi de son site internet un exercice mis à la disposition des professeurs d’histoire-géographie de 3e sur la seconde Guerre mondiale qui, en voulant « faire valoir deux points de vue », proposait aux élèves d’écrire un discours pour le ministre de la propagande nazie Joseph Goebbels [1]. (...)

« Nous avons fait retirer l’exercice du site internet car la formulation de la deuxième partie de l’exercice était maladroite », a reconnu auprès de l’AFP l’inspecteur d’académie Michel Roques, inspecteur pédagogique régional en histoire-géographie.
Dans ce type d’apprentissage, « les élèves ne sont pas livrés à eux-mêmes, chaque partie développe un point de vue et la confrontation se fait sous l’autorité de l’enseignant », a insisté l’inspecteur, qui a souligné que le professeur à l’origine de cette mise en situation avait déjà rempli des « fonctions de formation » et était « au-dessus de tout soupçon ».

« Se mettre dans la peau d’un fonctionnaire nazi, c’est là qu’est la maladresse », a reconnu M. Roques. Mais « ce type de travail n’est jamais fait sans accompagnement », c’est pour cela qu’il « a pu ne pas paraître particulièrement choquant à la personne qui l’a validé » sur le site de l’académie, a-t-il ajouté.


[1L’exercice, accessible en ligne depuis 2014, était proposé, parmi d’autres, sur une page consacrée à un partage de ressources pédagogiques entre professeurs d’histoire-géographie de l’académie.

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