observatoire des sondages

Présidence de l’UMP : les sondeurs gagnés par la nervosité

samedi 29 novembre 2014

La fébrilité qui règne au sein de l’UMP et notamment au sein des partisans de Nicolas Sarkozy est contagieuse. C’est au tour des sondeurs et en particulier de l’Ifop de manifester quelque inquiétude quant au score final de l’élection à la présidence du parti. Elle devrait selon tous les sondages effectués depuis la destitution de Jean-François Copé, ils sont légion, échoir à l’ancien Président de la République. « La réalité est qu’il n’y a pas de sondages sur cette élection mais seulement des questions sur les préférences », lâchait dans un moment de sincérité Frédéric Dabi (Ifop) trois jours avant la tenue du scrutin (Le Monde, 25 novembre 2014).

Le problème ? Elémentaire, toujours le même, aucune distinction n’est faite entre les sondés qui vont réellement pouvoir voter et les sondés se déclarant sympathisants sans plus de précision. Dans le cas de l’UMP les adhérents seuls habilités à désigner le président. Autrement dit, on n’interroge pas les bonnes personnes. Les sondeurs ne disposent pas en effet des fichiers d’adhérents des partis à partir desquels ils pourraient constituer des échantillons éventuellement pertinents.

Cet obstacle rédhibitoire les empêchent-ils de sonder ? Non bien sûr. Si les résultats "ressemblent" par miracle à ceux qui ont été annoncés, c’est gagné, et les sondeurs peuvent crier victoire. Si les résultats divergent massivement voire comme lors du précédent scrutin (cf. Les sondeurs et la primaire UMP : l’autre fiasco, aidés il est vrai par les fraudes) sont contraires aux prédictions tant pis et surtout motus. Ils pourront encore exciper des cyber-attaques du site de l’UMP (AFP, 29 novembre 2014). "C’est à la qualité de ses outils que l’on reconnait un bon professionnel" (dicton populaire).

Lire aussi

  • Complotisme vs charlatanisme

    8 février 2019

    Un an après la publication de leur étude sur le complotisme en France la fondation Jean Jaurès, organisation proche du Parti socialiste, l’Ifop et l’association Conspiracy watch ont récidivé. Le (...)

  • Complotisme : fake news à la une (I)

    10 janvier 2018

    L’Ifop, la fondation Jean Jaurès et le site internet associatif Conspiracy Watch ont choisi le moment « anniversaire » des attentats de janvier 2015 pour publier un sondage sur la crédulité des (...)

  • Propos de sondeurs : chômeurs = fraudeurs

    31 octobre 2014

    Une semaine à peine après l’aveu du ministre du travail, françois Rebsamen, de l’échec de la lutte contre le chômage, Viavoice qui n’avait pas participé à la danse des sondeurs du début septembre publie (...)