observatoire des sondages

Racisme : faut-il les croire ?

jeudi 30 mars 2017

Les Français sont de moins en moins racistes. C’est en substance ce qui ressort du rapport de La Commission Nationale et Consultative des Droits de l’Homme, institution rattachée auprès du Premier ministre, rendu public le 30 mars 2017 (cf. Le Figaro, 30 mars 2017). Certes la commission rappelle que nombre de préjugés, propos et attitudes racistes demeurent, mais les "Français sont toujours un peu plus tolérants" et ce en dépit du "contexte très tendu créé par les dramatiques attentats terroristes, on constate une poursuite de l’apaisement et de l’ouverture". Et sa présidente Christine Lazerges de poursuivre « la situation n’est pas aussi noire, contrairement à ce que certains laissent entendre ».

Cela aurait pu être, malgré les persistances, une bonne nouvelle. Aurait ? En effet, le diagnostic posé par la CNCDH repose sur des déclarations de sondés interrogés en face à face dans le cadre d’une enquête conjointe menée par Ipsos et le SIG (Service d’Information du Gouvernement). Autrement dit une majorité de "Français" (en fait 54% des sondés) ne sont pas racistes parce qu’ils l’affirment. Et bien sûr il faudrait les croire sur parole. La commission n’en est pourtant pas certaine : « Il semble que, depuis la vague récente d’attentats, la société française refuse les amalgames et valorise l’acceptation de l’autre ». Mais ses doutes en restent là.

L’impossibilité d’avoir accès au seul questionnaire de l’enquête, y compris sur le site du sondeur, ne nous permet pas pour l’instant une critique plus approfondie, mais est-ce bien nécessaire quand la présidente de l’institution estime sur la foi des simples déclarations de sondés que "la peur du terrorisme a créé plus de cohésion nationale qu’elle n’en a démoli (...) Même l’État d’urgence n’aurait pas entamé cette dynamique positive” (cf. ibid). On pourrait en rire si le sujet n’était pas aussi grave.

Lire aussi

  • De « l’honneur » des pundits

    17 avril 2018

    On le croyait disparu, du moins en France, le crime de lèse-majesté a refait son apparition suite à l’intervention télévisée du Président de la République. Une nouveauté toutefois, il ne vise pas le corps (...)

  • La riposte des sondeurs

    19 avril 2017

    A l’approche du premier tour de l’élection présidentielle avec de telles incertitudes dans les sondages que les sondeurs ne sont plus sûrs de rien et suite à la diffusion dans Envoyé Spécial de « (...)

  • Ridicule incertitude

    18 avril 2017

    Pour un scientifique l’incertitude serait plutôt associée à la modestie. Après des mois de pourcentages d’intentions de vote pour l’élection présidentielle de 2017, l’omniprésence des sondeurs bavards sur (...)