observatoire des sondages

Une critique manquée

mardi 26 mai 2015

On se réjouit d’abord devant le titre d’un article du magazine britannique Spiked : « Why the opinion polls got it so wrong » (11 mai 2015) [1]. Enfin, la presse chercherait donc à s’interroger sur ces erreurs répétées des sondeurs. Pour ne plus être dupe comme si rien ne s’était passé [2].

Espoir déçu : les élections britanniques de mai 2015 ne seront pas « l’erreur de trop », celle par laquelle la lucidité vient aux journalistes politiques. Pourtant l’idée de départ semble juste : les sondés ne sont pas sincères et par légitimisme s’autocensurent en voulant paraître beaucoup moins conservateurs qu’ils ne sont en réalité. Certes, cela est même un fondement des sciences sociales : les hommes ne font pas ce qu’ils disent ni ne disent ce qu’ils font. Marx et d’autres l’avaient écrit bien avant Elisabeth Noelle-Neuman et sa « spirale du silence » citée par Frank Furedi l’auteur de l’article. Il n’est jamais trop tard. L’ennui, en l’occurrence, est que les sondeurs le savent depuis longtemps et, dans le seul cas où leur résultats peuvent être comparés au réel, ils prennent depuis longtemps la précaution de corriger leurs chiffres bruts. Il se sont donc trompés après correction de l’insincérité qui aurait produit l’erreur selon Frank Furedi. Qui n’a donc pas compris. Encore un espoir déçu....


[1Spiked-online.com, journal en ligne consacré principalement à la vie politique. Article repris par Courrier International : « Pourquoi les sondages se sont trompés », semaine du 21-27 mai 2015.

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