observatoire des sondages

Anticipation perverse

samedi 12 novembre 2016

Le principal argument de la “théorie” de l’immunité des sondeurs français au mal qui vient de frapper les doxosophes américains réside dans l’usage massif d’internet par les sondeur français, qui leur permettrait de réduire significativement le biais légitimiste (sous-déclaration d’une opinion considérée comme honteuse, non convenable, etc.) et plus généralement de garantir un taux de réponses élevé.

Après avoir soutenu mordicus que les sondages en ligne donnait les mêmes résultats que les autres techniques on pourrait se contenter de sourire. Les sondeurs on le sait aiment bien jouer : avec l’actualité, avec les drames, avec les événements, avec les échantillons, avec les hypothèses, sur les mots, etc. Qu’il en soit ainsi. Ils devraient donc apprécier ce petit exercice sous forme de syllogisme :

1 - Les sondages en ligne produisent des résultats fiables.

2 - Les sondages en ligne sont rémunérés (Seul Harris Interactive continue à nier l’évidence avec culot [1]).

3 - Donc pour obtenir des sondages de « qualité », fiables, il faut payer les sondés [2].

- Question : Pourquoi alors ne pas payer les électeurs ?

On imagine la réponse des sondeurs français : excellente idée. Un bon moyen pour redynamiser une démocratie à bout souffle minée par l’abstention croissante et une alternative plus positive que sa pénalisation proposée par certains élus.


[1Sur l’hypocrisie du sondeur et sur la question de la rémunération des sondages voir notamment « Tout sondage mérite-t-il salaire ? » in Premier bilan après la réforme des sondages.

[2Pascal Perrineau : « Nous demandons [aux sondés] un vrai travail, c’est normal qu’il y ait une rémunération, même légère, mais une rémunération, qui est un instrument de fidélisation », Le Monde, 8 mars 2011.

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