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Béziers : un chiffre après la virgule
dimanche 10 mai 2015
On a suffisamment ridiculisé l’ancienne manie de mettre un chiffre après la virgule dans les statistiques, notamment celles qui sont réalisées à partir de méthodes fort approximatives, pour que l’on ne les voit plus guère que dans des statistiques officielles. Sur des sondages électoraux, les sondeurs y ont renoncé sauf à oser parfois encore préciser jusqu’à un demi point.
Le maire de Béziers Robert Ménard n’a pas dû suivre ces subtilités pour se croire assez subtil et indiquer sur un plateau de télévision qu’il y avait 64,6 % d’enfants de confession musulmane dans les écoles de sa commune (France 2, 4 mai 2015). D’où tenait-il ce chiffre, lui demanda-t-on. Et lui de répondre que la mairie faisait des statistiques. Les statistiques ethniques sont interdites, lui objecta-t-on. Trop tard. A cause de ce chiffre après la virgule, il ne pouvait plaider une estimation grossière en quelque sorte à la vue. Il avouait donc sa "méthodologie" : les prénoms indiquaient la religion et des employés municipaux avaient compté à partir des listes scolaires. On suppose en effet que le maire n’avait pas fait les comptages tout seul.
Le maire de Béziers doit se mordre les doigts de sa maladresse - sans doute stimulée par un narcissisme exacerbé par le plateau de télévision - pour avoir ensuite tenté la démonstration devant des journalistes à une sortie d’école où il s’efforçait de discerner les origines ethniques ou religieuses (la confusion demeure mais on a bien compris que dans son esprit, c’est la même population qui est visée). Il va donc devoir affronter la justice, trahi par un chiffre après la virgule.
