observatoire des sondages

Le Parisien et les sondages : une fake news pour annoncer leur retour

mardi 24 avril 2018

Un an après avoir renoncé à commander des sondages, Le Parisien a annoncé sur France Inter par la voix de son directeur des rédactions Stéphane Albouy, qu’il allait bientôt revenir sur cette décision (6 avril 2018).

Ce renoncement partiel [1], le quotidien ne s’interdisait pas de relayer ceux commandés par d’autres médias, lui aurait permis de gagner en profondeur d’analyse et de passer beaucoup « plus de temps sur le terrain » que s’il « avait travaillé avec les sondages ». On s’interroge alors sur les raisons de ce retour en arrière. Les journalistes seraient-ils lassés du « terrain » ? Rien de tel bien sûr aux dires du directeur des rédactions, si ce n’est que, en ce qui le concerne du moins, le travail en profondeur ne semble guère avoir été soutenu.

JPEG - 62.3 ko

- Stéphane Albouy (directeur des rédactions du Parisien) : « on reprendra les sondages. Le Parisien reprendra les sondages... »

- Sonia Devillers (France Inter) : « ça vous manque ? »

- Stéphane Albouy : « je pense que c’est un outil qui fait partie de la panoplie de l’analyse journalistique ça peut aider à étayer un certain nombre d’idées et puis de toute façon je l’ai toujours dit depuis le début y a pas de grande démocratie où il n’y pas d’institut de sondage ou plutôt dans les dictatures les sondeurs on le aimes pas trop. C’est un outil démocratique le sondage aussi ».

La sélection, notamment à l’entrée de l’Université, suscitant ces derniers temps beaucoup d’émois médiatiques, les propos du journaliste en rassureront sans doute certains : l’incompétence en sciences sociales ne constitue pas un handicap pour celles et ceux qui souhaitent embrasser la carrière de journaliste. Et si cela ne suffisait pas pour les rassurer, inutile de posséder non plus les notions élémentaires permettant de distinguer démocratie et dictature. Ils devraient même pouvoir diriger une rédaction, du moins celle du Parisien.

Pour tous les autres, y compris pour les prétendants et futurs journalistes, ce rappel si besoin était : les démocraties n’ont pas l’exclusivité des sondages [2], sauf à définir la Russie ou la Chine comme telles. On y fait des sondages et on y rencontre des sondeurs à l’image de l’Ifop, Ipsos, Odoxa, de Jérôme Fourquet, Brice Teinturier, Gaël Sliman, etc.

JPEG - 66.5 ko
JPEG - 156.6 ko

Lire aussi

  • Sondages et présidentielle : comptes des campagnes 2007, 2012 et 2017

    12 mai 2018

    Le 13 février 2018 la CNCCFP [1] validait les comptes de campagne des candidats à la présidentielle de 2017. On peut désormais dresser un tableau comparatif des dépenses en enquêtes et sondages qu’ils (...)

  • Sonder sans sondage ni doute

    15 avril 2018

    Fournisseur officiel de la chaine d’info en continu BFMTV, le sondeur Elabe, en la personne de son Pdg Bernard Sananès (ancien journaliste et conseiller en communication), est venu présenter ce (...)

  • Grèves : le tribunal de l’opinion ?

    5 avril 2018

    Les commentaires de presse l’affirment unanimement : le sort de la grève des cheminots va se jouer devant l’opinion. Ils l’affirment d’autant plus surement qu’ils disent aussi que ce sont les acteurs (...)