observatoire des sondages

Les sondeurs et la peine de mort : jusqu’où iront-ils ?

dimanche 10 mai 2015

Dans la prolifération des questions du baromètre Ipsos-Sopra Steria - Fondation Jean Jaures - Sciences-Po, (cf. Le Monde, 6 mai 2015), celle sur la peine de mort mérite attention non seulement parce qu’une majorité de sondés (52%) sont favorables à son rétablissement mais parce que cela devrait soulever quelques interrogations qui ne semblent effleurer personne.

Réjouissons-nous donc de ne pas atteindre les 84 % de sondés indonésiens favorables à la peine de mort pour trafic de drogue (Indo Barometer, The Jakarta Post, 6 avril 2015). On devrait d’ailleurs préciser dans les sondages français pour aller plus loin et voir quels sont les délits sur lesquels les sondés français sont les plus sévères. Et si la tendance se confirme, que diront nos commentateurs quand les sondages atteindront presque l’unanimité en faveur de la peine de mort. On connaît un universitaire français qui avait commenté la loi sur le statut des juifs d’octobre 1940 sans aucun jugement éthique. Positivisme juridique avait-il constamment soutenu face à ses détracteurs. Il a obtenu gain de cause plusieurs fois devant les tribunaux.

Les sondeurs n’ont donc rien à craindre s’ils constatent la montée de la barbarie. Positivisme statistiques. Ils ont d’autant moins à craindre qu’en la matière, il n’y a pas d’épreuve de vérité comme ces fichues élections qui leur donnent tort comme on vient de le voir en Grande Bretagne. Et on le sait bien, selon eux, les sondages enregistrent l’opinion mais le la font pas. C’est pourtant faux comme les vrais scientifiques l’ont montré. Du coup, il faudra peut-être un jour leur demander des comptes. A ce propos, sans parler évidemment de peine de mort, l’opinion publique est-elle favorable à des sanctions contre les sondeurs qui se trompent ? Un bonne question de sondage...

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