observatoire des sondages

Quand on ne sait plus quoi faire pour mettre le « peuple » de son côté

samedi 28 février 2015

Le vote vendredi 27 février par le Bundestag de la prolongation des aides financières à la Grèce a sans conteste fortement déplu au journal allemand Bild. La veille il appelait ses lecteurs à manifester leur hostilité par le renvoi à la rédaction d’une page du journal imprimée spécialement à cet effet et marquée d’un gros « Nein ! » (non).

JPEG

Un vote de paille appuyé le lendemain, quelques heures après le vote des parlementaires allemands, par la publication d’un sondage commandé auprès de Insa-Consulere selon lequel « 59% des Allemands sont contre la prolongation de l’aide financière pour la Grèce » décision considérée comme menaçante pour « l’argent des Allemands » (Bild, 27 février 2015).

Bild a droit à ses opinions. Antigrec soit. Comme les autres organes de presse, il devrait s’en remettre à sa puissance intellectuelle pour convaincre. Non comme de plus en plus de médias, en Allemagne comme en France, où la panne d’intelligence amène à se réclamer des sondages pour convaincre de sa cause. Et comme cela ne peut jamais être assez, il faut en outre recourir au vote de paille, cette sorte de plébiscite auprès de ses propres lecteurs. Sans aucune exigence de représentativité ni de quoi que ce soit d’ailleurs sinon avoir raison. Le nombre ne donnera jamais raison à personne mais qu’importe. Un signe de plus de la dégradation du débat public.

Lire aussi

  • Se payer un sondage

    9 janvier 2022

    Si les sondeurs utilisent leurs sondages comme outil d’auto-promotion, destinés avant tout chose à entretenir leur notoriété, ils ne sont bien sûr pas les seuls à y avoir recours comme outil (...)

  • Et maintenant les sondages Bolloré...

    9 janvier 2022

    Devenu progressivement muet médiatiquement depuis son rachat par le groupe Bolloré en 2008 suivi en 2015 de son intégration au groupe Havas, le sondeur CSA tente depuis quelques mois un « come back (...)

  • « Liberté de la presse » : quand les sondages décident de la liste des invités

    4 avril 2019

    Le désintérêt croissant depuis la première élection en 1979 pour le scrutin européen n’a pas dissuadé la radio-télévision publique française avant le début de la campagne officielle, fixée au 13 mai 2019, (...)