observatoire des sondages

Ridicule incertitude

mardi 18 avril 2017

Pour un scientifique l’incertitude serait plutôt associée à la modestie. Après des mois de pourcentages d’intentions de vote pour l’élection présidentielle de 2017, l’omniprésence des sondeurs bavards sur les plateaux, dans les colonnes et les logorrhées des commentateurs, on n’est pas sûr qu’il faille interpréter comme une manifestation d’un scepticisme très sain les doutes exprimés par les sondeurs sur les incertitudes des sondages sur le résultat du premier tour de l’élection présidentielle [1].

Comme, les sondeurs ne cessent de le répéter quand cela les arrange, les sondages ne sont pas des prédictions. Alors pourquoi s’excuser par avance ? Ils ont en tout cas beaucoup d’espace médiatique pour expliquer qu’ils ne savent pas. Une fois de plus le ridicule ne tue pas. Il y a cependant une autre raison à ce déluge de prudence. Il faut anticiper : quels que soient les résultats ils auront eu raison. Et ils pourront donc repartir pour une prochaine manche, envahir les petits écrans et les colonnes.


[1Cf. « Présidentielle 2017 : la campagne de toutes les surprises » in Le Monde, 18 avril 2017.

Lire aussi

  • LICRA et l’IFOP même combat ?

    14 avril 2026

    Un sondage « sur le racisme », commandé par la LICRA et passé par l’IFOP, a été très commenté dans la presse de la semaine dernière. Le Monde (du 9 avril) a titré « Racisme : près d’un Français sur deux (...)

  • Une lecture calamiteuse

    10 décembre 2025

    Le sondage Cevipof-Ifop sur l’Islam a connu un nouveau rebondissement. Un article de l’Express donne toute la mesure de cette histoire tant il est caricatural d’une lecture pour le moins (...)

  • Il n’est jamais trop tard pour Alain Duhamel

    6 octobre 2025

    A. Duhamel : Pour ces raisons, je pense qu’on vit à la fois une crise de régime et une crise de société. Le rejet par les Français des institutions, des partis et des responsables politiques atteint un (...)