observatoire des sondages

Sciences-Po : savoir compter

lundi 8 juin 2015

Le Supplément, émission de Canal Plus (7 juin 2015) reçoit le nouveau et discret directeur de Sciences-Po, Frédéric Mion. Prudent, très prudent.

Question de l’animatrice Maïtena Biraben : combien d’étudiant de droite et de gauche entrent à Sciences-Po ? La direction ne fait pas de sondages répond le directeur.

Qu’est-ce qu’on apprend à Sciences-Po ? Les sciences sociales répond le directeur (par deux fois) et la science politique. Pour le reste, un savoir dont on comprend qu’il est très général et concerne plus l’éducation des caractères (la complexité des choses, les responsabilités, etc.). Bref exactement ce qu’on reprochait à Sciences-Po il y a un siècle. Pour ce qui est des sciences sociales ou politiques, il suffit de demander aux universitaires ce qu’ils en pensent.

Question sur la méfiance des Français à l’égard des élites. Réponse : dans tous les pays, il en est pareil et il faut faire la part des choses. Autrement dit une réponse comme on apprend à les faire à Sciences-Po. On n’en sait pas plus à la fin qu’au début. En tout cas, il est une compétence qu’on ne semble pas y acquérir : savoir compter.

Question : combien de Présidents de la République sont issus de Sciences-Po ?

Moue d’hésitation puis Frédéric Mion avance le chiffre de 5. Exact ! approuve l’animatrice avec en toile de fonds les portraits de 5 présidents.

Un intrus s’est pourtant glissé dans la galerie : Nicolas Sarkozy, entré à Sciences-Po en 1981 mais n’ayant jamais eu son diplôme. L’a-t-il seulement tenté ? Il suffit de consulter l’annuaire des anciens élèves. Certes, ses CV ont toujours joué sur l’ambiguïté (Sciences-Po 1981-1983) mais n’indiquent jamais « diplômé », la seule chose qui compte. Eh bien Nicolas Sarkozy a son diplôme, accordé longtemps après, par le directeur de Sciences-Po. Une erreur ?

Lire aussi

  • Les sondages imaginaires de Eric Zemmour

    23 novembre 2018

    Pas à une sottise près, Eric Zemmour a tout de même franchi un seuil supplémentaire en invoquant des sondages qui n’existaient pas. Avec la complicité de Alain Finkielkraut qui lui avait tendu le (...)

  • « Qu’ils s’en aillent tous », sondeurs compris ?

    18 avril 2018

    Les années passent et rien ne semble vouloir enrayer la méfiance voire le rejet que suscitent les professionnels de la politique, ceux qui en vivent, au premier rang desquels figure bien sûr les (...)

  • Complotisme : fake news à la une (II)

    13 janvier 2018

    Ce qui apparaissait dès les premiers pas comme des malfaçons (cf. Complotisme : fake news à la une), communes à la production sondagière habituelle - un QCM, copié-collé des enquêtes de consommation sur (...)