observatoire des sondages

Législatives : les sondeurs se sont-ils trompés ?

jeudi 21 juin 2012

Le volume de production des sondages consacrés aux dernières législatives a été relativement faible, 66 depuis décembre 2011, selon notre décompte effectué notamment sur la base des recensions effectuées par le site internet http://www.sondages-en-france.fr (Intention de vote, souhait de victoire, thème de campagne, etc.). Les plus gros producteurs étant l’Ifop et OpinionWay, flanqués du groupe d’expertise comptable Fiducial qui finance nombre de leurs enquêtes. Si les quelques sondages réalisés à l’échelle nationale n’avaient que peu d’intérêt pour des élections par définition locales (cf. Elections législatives 2012 : à quoi servent les intentions de vote ?), les résultats définitifs du premier tour ont montré l’étendue du fourvoiement hautement prévisible au vu de la qualité des sondages publiés des sondeurs (cf. Que valent les sondages locaux ?).

Les résultats du second tour n’ont pas été moins cruels avec ces derniers comme le montre le tableau comparatif ci-dessous réalisé à partir de trois circonscriptions emblématiques.

Circonscription Candidats IFOP BVA CSA Résultats définitifs [1]
1re de Charente-Maritime Ségolène Royal (PS)
Olivier Falorni (DvG)
42% [2]
58%
45% [3]
55%
/
/
37,02%
61,98%
3e du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen (FN)
Jean-Michel Ferrand (UMP)
Catherine Arkilovitch (PS)
36,5% [4]
34,5%
29%
/
/
/
/
/
/
42,09%
35,82%
22,08%
9e des Hauts de Seine Claude Guéant (UMP)
Thierry Solène (DvD)
Martine Evene (PS)
/
/
/
/
/
/
37%% [5]
31%
32%
38,41%
39,35%
22,24%

D’autres sondages, dits confidentiels, c’est-à-dire non publiés, ont été effectués, comme le laisse entendre notamment Brice Teinturier deux jours avant le deuxième tour de scrutin : « On a des simulations en sièges aujourd’hui qui ont été réalisées sur la base d’enquêtes postérieures au tweet [6]qui nous montrent plutôt une amplification ou une majorité large pour François Hollande à l’Assemblée » (C dans l’air, France 5, 15 juin 2012). On aurait été curieux de disposer de ces résultats qui proposent des conversions des intentions de vote en sièges. On comprend que les sondeurs aient préféré la prudence, n’aimant pas du tout entendre dire qu’ils se trompent.


[1Source : ministère de l’Intérieur.

[2Ifop pour Fiducial-Sud Ouest-France Bleu La Rochelle-France 3 Poitou-Charentes, 13 juin 2012.

[3Le Parisien , 15 juin 2012.

[4BVA-Vaucluse Matin-Le Dauphiné Libéré (hypothèse d’une triangulaire FN-UMP-PS), 15 juin 2012.

[5CSA-Association de soutien électoral de Thierry Solène, cf. Le Parisien, 5 juin 2012. Précision : en cas de duel entre Claude Guéant et Thierry Solène, ce dernier était donné vainqueur avec 55% contre 45% pour l’ancien ministre de l’Intérieur.

[6Allusion au message de soutien de Valérie Trierweiler, compagne du président de la République, adressé à l’adversaire de Ségolène Royal, via le réseau Twitter.

Lire aussi

  • Qu’est-ce qu’un miracle ?

    26 mai 2019

    Aujourd’hui encore l’Eglise catholique croit en l’existence des miracles. Le processus de reconnaissance dont elle détient, bien sûr, le monopole demeure toutefois long et laborieux. Pas question donc (...)

  • Législatives aux Pays-Bas : quand la presse parie sur un nouveau fiasco sondagier

    15 mars 2017

    Les fiascos répétés des sondages à travers le monde n’ont manifestement pas incité les journalistes à réduire, à défaut de la stopper, leur consommation. Exit le Brexit, les élections US, les primaires de (...)

  • Les sondages russes ne se sont pas trompés

    5 mars 2012

    Victorieux dès le premier tour dans tous les sondages, Vladimir Poutine a remporté, comme convenu, l’élection présidentielle russe totalisant selon les derniers décomptes 63,9% des voix (France24, 5 (...)