observatoire des sondages

Présidentielle 2017 : c’est parti

mercredi 3 juin 2015

La plus longue série de sondages électoraux a commencé. Prophétie sans risques. Deux ans avant l’élection présidentielle de 2017, les sondages s’accumulent déjà sur les intentions de vote et plus encore à ce stade sur les souhaits concernant les candidatures.

Ainsi les sondeurs nous ont-ils « informés » des préférences des « Français » sur les candidats dont ils ne veulent pas (77% contre une candidature de François Hollande (Odoxa-Le Parisien- I>télé, 22 mai 2015), 72% contre celle de Nicolas Sarkozy (Odoxa-Le Parisien- I>télé, 29 mai 2015) [1] ou au contraire sur les duels qu’ils souhaitent avec 47 % pour un duel Juppé-Valls (Ifop - Paris Match, 3 juin 2015 [2]).

La faute bien sûr au démarrage précoce des campagnes électorales mais aussi aux transformations de la politique aussi importantes que les primaires organisées par les partis alors que ces mêmes partis sont de moins en moins puissants. D’où l’importance croissante de la conquête de l’opinion ou plutôt de l’imposition des croyances pour l’emporter dans la double course présidentielle à la candidature et à l’élection.

Pas tout à fait nouveau puisque Michel Rocard avait tenté dès la fin des années soixante-dix (1978-1981) une stratégie de contournement de l’appareil PS, puis Edouard Balladur entre 1993 et 1995. Les choses sont déjà si claires que Alain Juppé déclarait au lendemain du changement de dénomination de l’UMP en « Les Républicains » que « Nicolas Sarkozy a le parti, moi, pour l’instant l’opinion » et que Nicolas Sarkozy lui répliquait rapidement en le renvoyant à l’échec d’Edouard Balladur (le sien aussi). Manière de dire que ces stratégies sont vouées à l’échec. Rien n’est moins sûr à la fois parce qu’elles n’ont pas complètement échoué puisque Ségolène Royal l’a réussie en 2006 en emportant la primaire et plus encore François Hollande qui s’est imposé face à la première secrétaire du PS Martine Aubry puis à l’élection présidentielle. Insuffisant pour dire que c’est là un nouveau rapport de forces mais à en juger par la déliquescence des partis politiques, il est possible qu’un changement majeur soit intervenu. Nul ne peut en ignorer l’éventualité. Et cela va donc rendre plus vive la lutte des sondages et sur les sondages.

Tous les coups seront-ils permis ? On peut le supposer à en juger par l’enjeu et la liberté laissée aux concurrents, aux medias et aux sondeurs. La commission des sondages a dans une de ses rares interventions donné la mesure de son implication en mettant en garde les citoyens [3] Sans plus.

La guerre est donc ouverte.


[3« Ces observations conduisent à relativiser la portée qu’il convient d’accorder aux sondages déjà publiés. La commission rappelle aux instituts et aux organismes de presse qu’ils sont tenus, pour les enquêtes à venir, d’en tenir le plus grand compte » (Commission des sondages, 27 novembre 2014).

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