Au premier abord sur le même modèle qu’à Bordeaux, un sondage IFOP commandé par la candidate Martine Vassal (Union de la droite et du centre) plaçait celle-ci en tête avec 29 % des intentions de vote devant le maire sortant Benoit Payan (PS/PCF), Franck Allisio (RN/UDR), Sébastien Delogu (LFI). Le Quotidien La Provence (8 octobre 2025) consacrait une page entière au sondage qui donnait toutefois un second tour en faveur du maire sortant devant la candidate d’unions de droit et du centre et le candidat RN. N’entamons pas ici la discussion sur les aspects techniques des sondages qui accusent une fois de plus la difficulté de ces sondages locaux où il est difficile de réunir un échantillon représentatif et où l’on soumet les sondés à des choix sur des noms bien moins connus que les figures nationales. On n’avait pas encore touché le fonds.
Un nouveau sondage sur Marseille amplement couvert sur 3 pages par le quotidien régional La Provence (11 novembre 2025). Libération en avait fait état la veille sur le même ton (10 novembre 2025), Les deux médias reprenaient un sondage de Cluster 17 effectué pour Politico, titre auquel il ne sera pas fait injure de le classer à l’extrême droite. Le sondage ne faisait pas moins que la une de La Provence avec le titre sensationnel : « Le RN peut-il gagner Marseille ? Le maire sortant Benoit Payan et le candidat RN arrivaient à égalité avec 29 % des intentions de vote, Martine Vassal troisième avec 23 % et le candidat LFI quatrième avec 16 %.
Pour envisager une victoire du candidat RN, le quotidien se fondait sur une hypothèse d’une quadrangulaire de deuxième tour. Hypothèse parfaitement arbitraire. A si peu de distance, deux sondages accusaient donc une différence inquiétante. Il est vrai que l’lFOP a produit un sondage classique sur la base d’une enquête par téléphone (les sondages en ligne sont difficiles à réaliser) avec un échantillon limité. Quant à Cluster 17, sa méthodologie n’obéit pas aux règles classiques de représentativité et ne doit qu’au laisser faire de la commission des sondages de pouvoir se prévaloir de ce nom. En contradiction avec la loi qui se donne la peine de définir. On ne suggèrera pas que les résultats doivent quelque chose aux attentes des commanditaires. De tels écarts devraient inciter des gens raisonnables à se défier. Parions qu’il n’en sera rien. Au moins dans la presse.
