Ce sont en effet moins des intentions de vote qui sont produites que des niveaux de notoriété. Dans les grandes communes, tout le monde ne connaît pas les candidats pressentis mais le sondage opérant souvent dans ces cas comme une espèce de test scolaire – il est dévalorisant de ne pas savoir – les sondés se replient sur les personnes qui leur sont vaguement connues, comme un ancienne maire de retour (Catherine Trautmann à Strasbourg), comme un ancien Président de club de football (Jean-Michel Aulas à Lyon) et vers le maire sortant (Pierre Hurmic à Bordeaux).
Qu’est-ce que cela vaut se demandent les intéressés, acteurs ou simples spectateurs de la vie politique. On devine que pour les acteurs, ces sondages fonctionnent localement comme ils le font nationalement, d’autant plus crédibles qu’ils sont favorables. Bien sûr il existe des différences significatives. Ils sont administrés par téléphone, et non en ligne comme la plupart des sondages nationaux, afin d’obtenir des échantillons dits représentatifs . Ils affichent entre 600 et 800 personnes, c’est un peu « court » et cela ne dit pas quel est l’échantillon « utile », celui des sondés qui ont accepté de répondre. Conclusion : les échantillons sont insuffisants ou au mieux « limites ». La taille des communes importe puisqu’il n’est pas sérieux de prétendre faire un sondage sur de petites communes. Pour en donner une image simple, s’il faut un échantillon d’un millier de personnes pour une population de plusieurs millions, il faut le même effectif pour une population cent fois plus petite. Le questionnement par téléphone a l’avantage d’une certaine interactivité qui permet à l’enquêteur d’insister pour obtenir une réponse. Par ailleurs, les hypothèses de candidatures offertes au choix des sondés, problématiques dans tous les cas puisqu’elles offrent en quelque sorte plusieurs votes successifs, sont plus difficiles à maîtriser par oral que par écrit. Dans le sillage des élections nationales, ce sont aussi les polémiques sur les sondages qui s’annoncent.
