observatoire des sondages

Les sondages en ligne sur l’élection présidentielle

dimanche 8 janvier 2012

Ca y est ! Jusqu’alors, les « instituts » de sondages sérieux ne faisaient des sondages en ligne que pour leurs études de marché et les campagnes publicitaires. Ils laissaient les sondages en ligne aux « jeunes » challengers qui essayaient de s’imposer dans cette économie : OpinionWay et Harris Interactive. Cette époque est révolue comme en atteste le sondage Ifop-JDD sur les intentions de vote à l’élection présidentielle publiée ce 8 janvier 2012. En catimini bien sûr. La presse signale en effet que c’est le premier sondage de l’année, que l’écart se resserre entre les deux premiers - voilà des informations « journalistiquement » significatives - mais ne s’attarde pas sur la caractéristique technique du sondage. Les informations publiées par l’AFP semblent pourtant inhabituellement précises avec l’indication même de la marge d’erreur. 

"Sondage réalisé du 4 au 6 janvier par questionnaire auto-administré en ligne (système Cawi) auprès d’un échantillon de 1.163 personnes inscrites sur les listes électorales extrait d’un échantillon de 1.216 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).
Pour un échantillon de 1.000 personnes, la marge d’erreur, selon le pourcentage trouvé, va de 1,4 à 3,1. Notice complète consultable auprès de la commission nationale des sondages
" (AFP, 8 janvier 2012).

Ne demandons pas de s’interroger sur la valeur de tels sondages en ligne. Il suffit que la commission des sondages soit mentionnée pour que leur valeur soit officiellement consacrée alors que cette commission a accepté les sondages en ligne, il y a dix ans, sans qu’aucune étude de fiabilité ait été faite. D’ailleurs, cette commission n’a pas la compétence pour le faire. Et aucune chance d’obtenir une expertise indépendante qui valide la méthode. Il semblerait qu’il n’y ait pas de problème non plus au fait que l’échantillon soit abusivement qualifié de « représentatif » et « par quotas » alors qu’il s’agit d’un échantillon spontané ensuite redressé. Pas de problème non plus à ce qu’il n’y ait pas d’abstention et encore moins à ce que ces internautes sondés soient rémunérés pour donner leur opinion et donc pour tenter de peser sur l’élection comme aucun ne peut l’ignorer.

On n’apprendra pas, par contre, que le ralliement, en un an à peine, de l’IFOP et des autres entreprises au questionnement en ligne, même pour le sondage d’intention de vote, par excellence stratégique, signale que ces entreprises ne parviennent plus à en faire. Faute de sondés on sait qu’il faut de plus en plus de coups de téléphone pour obtenir un nombre de questionnaires considéré comme pertinent, aujourd’hui environ 13 000 personnes appelées pour 1000 entretiens complets réalisés. Autrement dit la situation se dégrade. Avec le déluge prévu de ces sondages avant l’élection présidentielle, on ne privera pas les Français de cette information, même si elle ne vaut rien.

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