observatoire des sondages

Nouvelle recette du suspens médiatique : Dominique de Villepin n’écoute pas les sondeurs

dimanche 18 décembre 2011

La candidature de Dominique de Villepin a pris au dépourvu toute la presse et les sondeurs, comme, dans l’autre sens, le renoncement de Jean Louis Borloo il y a quelques semaines. Ils avaient tous anticipé sa non candidature à cause de ses très faibles scores d’intention de vote (après avoir atteint 10% dans un sondage Ifop Sud-ouest du dimanche 11 juillet 2010, les dernières enquêtes d’intention de vote avant sa candidature le créditaient d’environ 1%).

Dans l’univers des sondeurs, et des journalistes qui les croient, la surprise a une singulière recette : on se trompe mais comme tout le monde semble y croire, on est surpris. Les sondeurs bien sûr, mais tout le monde aussi. Car les sondeurs pensent comme tout le monde. Logique : ils sondent. Et donc, une fois de plus ce sont les sondés qui se sont trompés. Et comme les sondés sont représentatifs des Français - combien de fois faudra-t-il encore le dire !? - tout le monde se trompe. Exagère-t-on ? C’est un sondeur qui le dit : « Vous nous avez interrogé sur notre surprise à le voir candidaté, en réalité tout le monde est surpris » (Gaël Sliman de BVA, « Villepin joue-t-il contre Sarkozy », C dans l’air, France 12 décembre 2011). Et pour qu’on comprenne bien il répète : « les Français dans leur ensemble pensaient que Dominique de Villepin ne présenterait pas ou plus sa candidature ».

Oubliées par conséquent « les intentions de votes fragiles » de l’ancien premier ministre évoquées par le sondeur, autrement dit de purs artefacts, oublié encore le souci d’ « interpréter avec beaucoup prudence » parfois invoqué. Au moins, la surprise donne-t-elle encore matière à commentaire. Elle donne quelque chose à dire, elle permet de se livrer à de nouvelles et inépuisables conjectures, sans sondages s’il le faut : « Au fur et à mesure que les Français se sont dits qu’il ne se présenterait pas, son niveau a baissé. Aujourd’hui le fait de le voir créditer de 1% correspond plus vraisemblablement à cette idée qu’il n’irait pas ». En attendant une prochaine surprise.

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