observatoire des sondages

Victime des sondages, rien ne lui était apparu

dimanche 5 février 2017

Le Monde Magazine livre un témoignage édifiant de l’usage politicien des sondages et des énormes bévues qui s’ensuivent (3 février 2017). A vrai dire, la confession de Benoist Apparu est en tout point pathétique jusqu’à le faire apparaître ridicule dans son habit de devin aveugle au patronyme cocasse. Le récit d’une campagne électorale où la crédulité est aussi précise n’est en effet pas si courant. Suivons donc l’article sévère de Philippe Ridet :

« On le revoit encore, fin octobre, dans son bureau de député de la Marne, à l’Assemblée, nous dessiner sur une page de bloc-notes les courbes sondagières des principaux candidats. Et de conclure : ’Nous on est en haut de cette courbe et on ne redescend pas’. Seul problème, Fillon montait, montait... » Qui croyait vraiment en sa victoire ? se demande-t-il encore dans un restaurant de la rue de Grenelle, à Paris, comme si, des semaines plus tard, il avait encore du mal à accepter sa défaite. « Personne ! » Il a beau réfléchir, il ne voit rien à se reprocher, ni à lui, ni aux sondages, ni aux sondeurs, ni à son candidat. On a fait la campagne dont on rêvait et je ne vois pas comment on aurait pu faire autrement. Il était trop tard pour tourner le volant".

Benoist Apparu n’a manifestement jamais lu l’Observatoire des sondages ni aucun livre sur ces sondages. Lit-il jamais d’ailleurs ? Certes le ridicule ne tue pas, il devrait parfois persuader de changer de métier.

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